Terre de résistance
Les souvenirs historiques abondent dans cette terre de refuge, de passage et de résistance, dont des vestiges de toute beauté, classés au patrimoine mondial de l’Unesco.
Dès la préhistoire avec l’homme de Tautavel, puis les ruines de Cambous – sans doute celles du plus vieux village qu’il soit possible de visiter en France –, le Languedoc-Roussillon a préservé l’empreinte des hommes qui l’ont façonné. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la région a été épargnée par les campagnes destructrices qui ont ravagé le patrimoine du nord de la France. Fort heureusement, car ses richesses sont un livre vivant de l’histoire de France, et un grand nombre d’entre elles sont classées au patrimoine mondial de l’Unesco : les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle avec l'abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert et l'abbatiale de Saint-Gilles-du-Gard, le pont du Gard , symbole de la grandeur de la Rome impériale, la cité médiévale de Carcassonne, ensemble le plus complet de fortifications du Moyen Age, ou encore l’escalier des neuf écluses de Fonsérannes sur le Canal du Midi, entrepris au XVIIe siècle sous l’impulsion de Colbert, ministre de Louis XIV. Tout aussi connues, les arènes de Nîmes ont vu les gladiateurs se réincarner en toreros. Et même s’ils sont moins notoires, les vestiges gallo-romains de Narbonne, Béziers , Nîmes , la tour médiévale de Constance à Aigue-Mortes , les cathédrales de style gothique languedocien de Mende et Narbonne ont de quoi satisfaire les amateurs les plus boulimiques. Et ce n’est pas tout... Sur la route des Cathares
Entrer en Languedoc-Roussillon , c’est aussi plonger en pays cathare. Apparue au XIe siècle, la doctrine cathare se répandit dans le Midi aux XIIe et XIIIe siècles. Ses adeptes, surnommés Albigeois, prêchaient un retour à la pureté originelle du christianisme. Protégés par le comte de Toulouse mais considérés comme hérétiques par la puissante Église romaine, ils furent victimes d’une croisade sanglante appelée par le pape en 1208 et commandée par Simon de Montfort. Elle aboutit à l’extermination par l’Inquisition des derniers Cathares, qui périrent sur le bûcher. L’Aude conserve quelques-unes de ces citadelles qui les ont abrités, placées sur des nids d’aigle pour résister aux assauts des ennemis. Des vestiges subsistent à Arques, Termes, ainsi que des châteaux restés imprenables, au désespoir de Simon de Montfort, tels Puilaurens ou Peyrepertuse. Autre temps fort, moins dramatique, de l’histoire du Languedoc-Roussillon : la naissance du fauvisme, sous le pinceau de Matisse en 1905, lors d’un séjour à Collioure . Puis, quelques années plus tard, se développe le cubisme avec Picasso et Braque à Céret. Tous rendirent célèbre le petit port coloré de Collioure , dont la lumière « à certaines heures du jour est plus transparente et plus pure que la plus pure des soies ».


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