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Montagne : la France voit haut

  

 

 Les sports d’hiver pour sauver la montagne

 C’est un véritable tournant dans l’histoire du tourisme montagnard : en moins d'un demi-siècle, les loisirs d’hiver explosent. À partir de la fin des années 1950, pour lutter contre la désertification et offrir aux citadins le cadre d'une nouvelle pratique de loisirs, l'Etat français met en place une politique nationale d'aménagement de la montagne fondée sur les sports d'hiver : le plan Neige. Des ensembles urbains poussent à des altitudes réputées inhabitables en hiver. L’urbanisme chaotique des bourgs de montagne cède la place à un modèle planifié et fonctionnel, conçu pour accueillir les migrations saisonnières de masse. Dès lors, la station intégrée moderne supplante l’architecture rurale ou régionale. La neige n’est plus ce puissant somnifère qui condamne les villages à hiberner. Elle devient cet or blanc que les stations, en plein essor grâce à la promotion immobilière, peuvent exploiter. Les années 1960 sont celles de l’euphorie constructive : des « paquebots de béton » sortent des neiges jusque dans les années 1970. Des stations sont créées de toutes pièces, comme Avoriaz, « pur produit » du groupe Pierre & Vacances. Le Jura , proche de Paris et réputé pour ses pistes de ski de fond, suit cette vague immobilière dans les années 1980, avec les stations des Rousses, Métabief ou Lelex-Mijoux.

Les stations se rénovent

Mais les infrastructures peinent à suivre. Il faut attendre les Jeux olympiques d’Albertville , en 1992, pour rattraper le retard pris dans l’aménagement des réseaux routiers et ferroviaire. Et encore : l’accessibilité nouvelle des Alpes se montre en revanche à la peine dans les autres régions montagneuses. De plus, après des années de constructions effrénées, la plupart des stations se heurtent aux ultimes pentes de la montagne et, face à cette barrière naturelle, ne peuvent plus s’étendre. Résultat : les constructions neuves deviennent rarissimes, quasi inexistantes dans les Pyrénées et sporadiques dans le Massif central , les Vosges ou le Jura , où la fréquentation reste majoritairement locale. Quelques nouveaux programmes poussent, comme à Tignes (Alpes du Nord ), à Superdévoluy, Serre-Chevalier ou Puy-Saint- Vincent (Alpes du Sud ). En revanche, les anciennes stations font peau neuve. Les Deux-Alpes, qui investissent chaque année dans l'univers des nouvelles glisses, ont enclenché d’importants programmes de rénovation, tout comme les Arcs et la Plagne. Inaugurées à la fin des années 1970, elles relookent leurs immeubles en les habillant de bois, dans le plus pur style montagnard. Depuis 2003, les deux stations, reliées par le téléphérique géant à étages Vanoise Express, couvrent un « giga » domaine skiable : Paradiski. Idem pour les Menuires : à l’occasion de ses 40 ans, en février 2006, la station s’est offert un grand lifting général et un tout nouveau centre aquatique et ludique.