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Le soleil aussi pour se chauffer

Les systèmes solaires combinés, écologiques, économiques et fiables, restent pourtant moins diffusés que les chauffe-eau solaires individuels. Explications.

Maison équipée pour chauffer grace au solairePour faciliter l’émergence de la filière solaire thermique, les pouvoirs publics et l’Ademe ont mis le Plan Soleil en place dès 1999, mais les systèmes solaires combinés (SSC) peinent à récolter les fruits de cette politique volontariste. Comme le chauffe-eau solaire individuel, les SSC récupèrent la chaleur du soleil via des capteurs pour la production d’eau chaude sanitaire. Leur plus : ils assurent aussi le chauffage grâce à des émetteurs hydrauliques basse température (inférieure à 45° C). C’est le dispositif de stockage de l’énergie thermique qui classe les SCC en deux familles. La première suit le principe de l’hydro-accumulation. C’est la plus ancienne technique et la plus adaptée en rénovation, à condition de changer les radiateurs s’ils sont à haute température, une opération coûteuse. Dans ce cas de figure, la chaleur solaire est véhiculée par un fluide caloporteur vers un ballon de grande capacité, qui stocke eau chaude sanitaire et eau de chauffage. L’autre procédé est une spécificité française : le plancher solaire direct ou PSD développé par Clipsol. Là, le fluide caloporteur est directement véhiculé dans le plancher chauffant à basse température, plancher immergé dans la dalle béton qui stocke et diffuse une chaleur douce. Une solution pour maisons neuves ou réhabilitations lourdes uniquement.

Compléter en hiver, rejeter en été

Parce que les SSC captent le moins d’énergie solaire au moment où les besoins en chauffage de la maison sont les plus importants, en hiver, ils nécessitent un système d’appoint indépendant ou couplé. Un nouveau frein à leur développement. Car la combinaison reste coûteuse en dépit du soutien du crédit d’impôt et de diverses aides de l’Anah, de l’Ademe et de certaines régions, notamment Provence-Alpes-Côte d’Azur et Languedoc- Roussillon . Pour une petite installation avec 10 mètres carrés de capteurs, soit 70 mètres carrés de surface chauffée, il faut débourser environ 10 000 euros. Et ajouter le budget d’un appoint indépendant – chaudières gaz, fioul, bois ou pompe à chaleur – qui relève le SSC quand il ne suffit pas à fournir le chauffage. Il faut tabler sur 25 000 euros, pour une surface chauffée de 150 mètres carrés avec 20 mètres carrés de capteurs. A contrario, en été, époque où le SSC jouit d’importants apports solaires, le logement n’a pas besoin de chauffage. Il faut rejeter le trop plein de calories pour éviter les surchauffes. L’une des solutions consiste à s’en servir pour chauffer une piscine… si la maison en possède une. Et le problème peut aussi se poser en intersaison. Des recherches sont actuellement menées pour tenter de stocker les calories dans des cires, des céramiques… mais les solutions sont encore loin d’arriver dans la maison. Il ne faut pourtant pas oublier que les SSC, dont la technique et la pose sont maîtrisées, contribuent à la maîtrise des rejets de gaz à effet de serre et valorisent un bien en couvrant jusqu’à 60 % de ses besoins énergétiques annuels.