La perception du temps a changé
Dopée par la vitesse, l’instantanéité, l’efficacité et la performance, notre société s’inscrit dans le court terme : seule l’acquisition d’un bien immobilier donne confiance en l’avenir.
Tout d’abord, Jacques-Antoine Malarewicz estime que notre rapport au temps a été profondément bouleversé depuis quelques dizaines d’années. « Il s’agit là d’une modification à la fois insensible et profonde de notre rapport au monde. Le temps n’est plus linéaire, il ne s’écoule plus de manière régulière et homogène. Notre temps est soit totalement contenu dans l’immédiateté de l’instant, soit considérablement distendu dans un avenir sans limite. Il est ainsi soit enserré dans un présent qui le résume à lui seul, soit perdu dans un espace infini. D’une certaine façon, notre rapport au temps et à la durée n’est plus raisonnable au sens où il n’est plus rythmé par les saisons et les générations, comme cela peut être le cas dans une société rurale ». Pour le médecin, l’évolution de notre société dopée par la vitesse, l’instantanéité, l’efficacité et la performance, conduit les êtres à ne plus anticiper. Concrètement, nous agissons plutôt dans le court terme puisque le futur se dérobe à mesure que s’accroît la complexité du monde. Et la conséquence inéluctable est un « lissage » du temps qui s’étend indéfiniment, sans aspérités, dans une collection d’instants qu’il s’agit de vivre avec intensité. Ces « désordres » dans l’appréhension du temps appellent des prises de position nouvelles : la recherche d’un clan et le besoin de filiation.
Donc, à la verticalité de l’histoire correspondrait l’horizontalité du clan. « Ainsi, chaque individu tente de se situer au point de rencontre d’une histoire et d’un groupe dans le besoin vital de donner – malgré tout – un sens et une dimension humaine à son existence. Il en résulte paradoxalement, et pour une bonne part de manière irrationnelle, une foi inébranlable en l’avenir ». C’est là que l’acquisition d’un bien immobilier vient soutenir une espérance qui ne peut être déçue.


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