La théorie des clans
Les évolutions de la famille classique vers le « clan » ont bouleversé l’organisation de la maison, privilégiant le salon et la cuisine au détriment des chambres.
Deuxième grand pilier de l’irrationnel dans l’acte d’achat, selon Jacques-Antoine Malarewicz : une « clanisation » de la société. « Avec l’implosion du modèle classique de la famille, ce qu’on appelle la “famille nucléaire”, les modèles familiaux se sont diversifiés. C’est notamment dans le sens d’une augmentation sensible du nombre de familles reconstituées et de familles monoparentales que s’est faite cette diversification. Plus profondément encore, au-delà et en parallèle à ces évolutions, les liens interpersonnels se définissent de plus en plus sur un modèle clanique ». Un clan, c’est cet ensemble d’individus réunis par une histoire commune, les mêmes intérêts et une même culture. La dimension d’un clan reste humaine, cela signifie que tous les membres se connaissent et qu’ils peuvent donc facilement communiquer les uns avec les autres, ce que les possibilités technologiques actuelles facilitent grandement. Le clan ressemble à une famille étendue sans que des liens biologiques soient nécessairement prépondérants et sans que des loyautés transgénérationnelles viennent figer son fonctionnement. « Ainsi, à mi-chemin entre le groupe étendu et la famille, le clan apporte la chaleur affective, la complicité, la solidarité que les liens familiaux apportent plus difficilement. Grâce au clan, face à la fragilité des liens contractuels et biologiques, viennent se substituer des relations basées sur l’authenticité, sur les mêmes intérêts culturels ou sportifs, sur les mêmes complicités émotionnelles et affectives », explique le médecin, qui concède aussi qu’il est bien plus facile d’interrompre et de dénoncer les liens claniques que ceux qui réunissent les membres d’une même famille puisque les « transactions émotionnelles » ne sont pas aussi chargées. En bref : on ne choisit pas sa famille, mais on peut décider d’entrer dans un clan ou d’en sortir !
Si le concept est appliqué à l’immobilier , la maison « clanique » doit offrir de grands espaces de convivialité au détriment de l’espace purement privé. C’est ainsi que le salon et la cuisine sont privilégiés au détriment des chambres. Ces lieux de vie doivent être transformables pour accueillir des membres du clan qui peuvent être de passage. Des extensions doivent être possibles afin de moduler la distance géographique qui sépare – ou relie – les différents membres. La maison « clanique » atténue les hiérarchies et la diversité des âges s’y efface dans le partage d’un même espace. Les conséquences directes sont déjà observables : ainsi, les surfaces des maisons neuves ont légèrement augmenté, de 10 à 15 m2, et tournent, pour des cinq-pièces, autour de 107 m2 dans une gamme classique, voire de 150 m2 pour du haut standing.


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