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Rationnel et irrationnel dans l'achat d'une maison

Devenir propriétaire : un gage de réussite sociale, la possibilité de transmettre un bien à ses enfants… mais aussi un acte irrationnel parce que l’insertion dans l’espace passe par la propriété.
Rationnel et irrationnel dans l'achat d'une maison57% : c’est le pourcentage de Français propriétaires de leur résidence principale contre 71 % en Grande-Bretagne et en Suède, 76 % en Grèce , 77 % en Irlande et 84 % en Espagne . Un déficit d’autant plus étonnant que les Français sont plus de 90 % à vouloir devenir propriétaires. Cette irrépressible envie répond tout d’abord à des facteurs rationnels. Devenir propriétaire est en effet un gage de réussite sociale. Ce « chez soi » confortable qui vous appartient est également ressenti comme un refuge, face au monde extérieur parfois vécu comme stressant.
De plus, les parents cherchent à transmettre à leurs enfants un patrimoine résultant d’un investissement sûr, plus qu’un placement financier par exemple.
Enfin, le sempiternel « mieux vaut payer un crédit qu’un loyer » a la vie dure. Mais derrière la volonté de devenir propriétaire se cache également une part importante d’irrationnel. Car dans un contexte où les couples se marient de moins en moins, se séparent de plus en plus et où la durée de vie ne cesse d’augmenter, la propriété est irrationnellement vécue comme le dernier ancrage tangible. C’est du moins l’intéressante théorie que développe le docteur Jacques-Antoine Malarewicz, psychiatre, dans son étude baptisée L’irrationnel dans l’acte d’achat immobilier . « A la fragilité des liens affectifs répond la recherche archaïque d’une insertion dans l’espace qui passe par la propriété », explique d’emblée le médecin pour qui quatre grandes lignes de force permettent d’éclairer cette complémentarité.