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Réduction d'impôt sur les intérêts d'emprunt

Explication de Marie-Laurence Esclarmonde (avocate associée au sein du cabinet Wagram Entreprises Conseils à Paris (XVIIe)) sur la mesure fiscale de réduction des intérêts d'emprunt.

Déduction des intérêts d'empruntEn quoi la mesure fiscale de déduction des intérêts d’emprunt immobilier promise lors de la campagne électorale de 2007 est-elle une bonne mesure ?

Tout d’abord, il était auparavant impossible de déduire quoi que ce soit. C’est donc un avantage pour les acquéreurs de résidence principale, uniquement, qui doivent avoir contracté leur prêt auprès d’un établissement bancaire. Ensuite, il faut rappeler qu’il s’agit d’une réduction d’impôt – qui ne peut porter que sur les intérêts d’emprunt – et non d’une déduction d’impôt. Dans le cas de la déduction, on part de la charge déductible qui est soustraite de la base de calcul de l’impôt alors que la réduction d’impôt est ôtée du montant de l’impôt en lui-même. Ce mécanisme est donc plus intéressant puisqu’il s’agit d’une réduction d’impôt pure et dure. Certes, il est légitime de se demander quel est l’intérêt de déduire des intérêts d’emprunt quand on ne paye pas d’impôt ? Il y en a un et c’est la nouveauté de cette disposition. Par exemple, une personne qui déduit 1 500 € d’intérêts d’emprunt et qui ne paye que 500 € d’impôt recevra la différence, soit 1 000 € par le Trésor public.

… et une moins bonne mesure ?

Elle a été mise en place dans le cadre d’une promesse électorale. Or, de manière absolue, si tout le monde peut en bénéficier, elle peut créer des inégalités. Il a donc été nécessaire de plafonner la réduction d’impôt, parce qu’elle avantage les plus gros emprunteurs, et d’un point de vue équitable, il fallait éviter que les plus aisés soient tentés d’abuser du système avec des dérives spéculatives. Cependant, ce sont les personnes les moins fortunées qui empruntent avec les délais les plus longs et qui par suite ont beaucoup plus d’intérêts d’emprunt. Elles sont donc les plus pénalisées par ce plafonnement. Pour un couple qui emprunte 100 % du montant de son achat sur une durée longue, l’effet mécanique est moins intéressant que pour un prêt d’un montant et d’une durée inférieurs.

Quelle est la portée réelle de cette mesure depuis qu’elle a été intégrée dans la loi de Finances 2008 ?

Le plafonnement a considérablement réduit l’effet d’annonce. Et il est évident que face à un immobilier onéreux et des taux d’intérêt qui augmentent, le bénéfice est moindre pour l’acquéreur. Cette mesure ne fera que lisser les hausses. Par conséquent, le mécanisme de facilitation escompté pour l’acquisition d’une résidence principale reste limité. De plus, elle coûte cher à l’Etat. Mais 100 % des personnes qui en profitent, jouissent tout de même d’une réduction d’impôt qui peut atteindre 3 000 € la première année pour un couple marié.