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Economie : entre le nickel et la France

Ici, on ne parle pas de ruée vers le nickel, mais de boom économique. La Nouvelle Calédonie possèderait en effet près de 25% des réserves mondiales de ce minerai. Trois usines sont construites ou en cours de construction. Quand les trois seront en activité, la Nouvelle Calédonie produira plus de 200 000 tonnes de minerai par an.

Le nickel en Nouvelle-CalédonieL’activité minière est indissociable de l’histoire de la Nouvelle Calédonie . C’est aux portes de Nouméa que le ton est donné : l’usine de Doniambo qui a plus de 100 ans d’existence, exploitée par la SLN (Société Le Nickel), réceptionne des tonnes de minerai en provenance de la quinzaine de mines répertoriées sur la Grande Terre. Aujourd’hui, l’usine de la SLN est la seule qui produit du nickel, à hauteur de 60 000 tonnes par an.

Un avenir prometteur

Deux nouveaux projets sont en cours de réalisation : l’usine du Nord sur le site de Koniambo qui en 1996 fut imposé par le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) comme préalable à la poursuite des discussions sur l’avenir du Territoire, et l’usine du Sud sur le site de Goro. Le coût estimé de ces deux nouveaux projets est pour chacun de 1,5 à 2 milliards d’euros, des montants considérables à l’échelle de la Nouvelle Calédonie . L’usine du Nord, pourtant politiquement prioritaire, n’est pas encore sortie de terre car le montage financier est complexe, alors que celle du Sud devrait démarrer ses activités fin 2008. Mais contrairement à l’usine de Nouméa, le nickel qui sortira de Goro sera traité, ce qui multipliera par 5 ou 7 la valeur ajoutée du produit exporté. Aujourd’hui, avec la seule activité de la SLN, 91% de la valeur des exportations de la Nouvelle Calédonie est liée au nickel, ce qui rapporte au pays en moyenne 73 milliards de Fcfp par an.

Une économie assistée malgré tout

Le développement de ces activités industrielles lourdes soulève des préoccupations écologiques, surtout au Sud de la Grande Terre de Nouvelle Calédonie, avec l’usine de Goro Nickel dont la production annuelle sera de 60 000 tonnes d’oxyde de nickel et 5 000 de cobalt. “La crainte est aussi culturelle. La venue d’un si grand nombre de personnes dans un milieu peu peuplé risque d’avoir un impact fort et mal mesuré sur la vie tribale”, souligne Mathias Chauchat dans son ouvrage “Vers un développement citoyen”. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce sont bien les administrations publiques qui aujourd’hui contribuent au PIB calédonien. Le nickel n’y participe qu’à hauteur de 16%. Comme l’ensemble des pays d’Outre Mer, la Calédonie est dépendante des transferts publics de la France et présente “une économie assistée” qui peut régresser voire disparaître du jour au lendemain.