L'étiquette énergie : un levier dynamique
Comment se repérer dans le méandre de réglementations de l’efficacité énergétique des logements ?
Des conseils en énergie sont là pour aider les particuliers . Il s’agit de consulter des agences de l’Etat, comme l’Ademe, l’Adil ou encore les agences infos énergies. Les meilleures informations peuvent aussi être obtenues auprès des conseils départementaux et régionaux, et auprès d’associations de consommateurs reconnues. Pourtant attention à ne pas se laisser convaincre par des vendeurs d’énergie renouvelable et leurs propositions alléchantes, sous prétexte que des matériels donnent droit à un crédit d’impôt . D’autant que la loi qui encadre les incitations fiscales et le déploiement d’équipements performants dédiés à la résidence principale a évolué fin 2007 avec des exigences plus fortes sur certaines pompes à chaleur et isolants . Pour l’application de la réglementation thermique sur l’existant , un souci subsiste puisque nous en sommes aux balbutiements et que personne ne la maîtrise encore. Un métier est naissant, c’est celui de conseil en énergie. Des professionnels proposent aujourd’hui des contrats de performance énergétique vers les entreprises. Probablement, ce type d’offre sera décliné vers les particuliers qui veulent être rassurés.
L’ancien plus énergivore que le neuf, vaut-il mieux acheter un bien du XXIe siècle ?
Les logements construits depuis la réglementation thermique (RT ) de 2000 affichent de meilleures performances que ceux bâtis avant, et moins bonnes que ceux post-RT 2005. Sans parler de celle de 2010 qui sera plus contraignante. Dans tous les cas, le particulier qui souhaite acheter un bien avec une étiquette énergie de niveau A devra se tourner vers des logements basse consommation . Mais tout n’est pas statique. La performance énergétique n’est qu’un facteur de plus qui devrait trouver sa place avec l’application des arrêtés obligeant à l’affichage des étiquettes énergétiques des biens en vente ou en location. Historiquement, ce qui fait la valeur d’un bien, c’est sa surface et son emplacement. Hier, un propriétaire ne vendait que des mètres carrés, souvent dans un marché où l’offre était inférieure à la demande. Avec l’étiquette énergie, l’acquéreur bénéficie d’un outil puissant de négociation pour valoriser ou dévaloriser la facture d’usage. Les particuliers qui joueront le jeu de ces constructions peu énergivores — il faudra aussi s’habituer à une architecte cubique et compacte ! — auront un bonus, et ceux qui achèteront une maison de 600 m2 de plain-pied, un malus. Un scénario de science-fiction ? On peut s’y attendre d’ici à 2012, année de la basse consommation.
D’où l’importance du diagnostic de performance énergétique…
Il est obligatoire à la vente et à la location. Le sens de cette loi est qu’il faut être transparent quant à la consommation énergétique d’un logement pour permettre au non-expert de vite comparer les biens grâce à un code couleurs connu du public. D’où la mise en place de l’étiquette énergie qui informe également sur le niveau de la facture d’un bien en fonction de sa catégorie. S’il surconsomme et que l’énergie est chère, il sera plus difficile à louer ou à vendre. Ainsi l’étiquette devient un vrai outil de négociation. Mais elle n’a de sens que si elle fait baisser les charges du logement.
Comment deviendra-t-elle un outil de négociation ?
A la location, elle ne pèsera pas lourd quand le marché est sous-alimenté en offres, par exemple à Paris. Mais dans les villes moyennes où beaucoup de « de Robien » a été construit et où une suroffre locative apparaît déjà, les propriétaires pourront se différencier grâce à l’étiquette énergie. Le risque étant que certains glissent vers la hausse des loyers en valorisant l’excellence de la performance thermique du bien, revendiquant des consommations très réduites. Comme pour les véhicules neufs, où la course à la réduction de consommation et de pollution a encore trop souvent le prix de l’exception. A contrario, la tendance étant au do it yourself (faites-le vous-même), on peut imaginer qu’un jour, un locataire ayant réalisé des travaux pour réduire les charges du logement réclamera une baisse de son loyer. Quant au marché de l’achat, elle apporte un autre intérêt. Repérer une bonne performance suppose de maîtriser les labels HPE, THPE, BBC … Rien d’évident, d’autant que ces acronymes sont peu compréhensibles. L’étiquette énergie rend immédiatement visible le niveau de performance du label proposé. Sachant que les clients du neuf comme de l’ancien sont demandeurs d’une maison qui consomme peu. A n’en pas douter, l’étiquette énergie va modifier les décisions d’achat, comme pour l’électroménager et l’automobile. Le DPE et son étiquette énergie vont être les leviers dynamiques sur lesquels les pouvoirs publics forgent beaucoup d’espoir… Promesse d’un bel avenir pour conjuguer économies d’énergie et confort responsable.
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